Cléo Ballatore


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«Transcendance» : **** Une bonne histoire de SF bien filmée avec le charismatique Johnny Depp, parfait comme à son habitude.

transcendanceWill Caster est un génie qui mène ses recherches, épaulé par sa femme, Evelyn, dans son laboratoire privé. Nous sommes à l’aube d’une révolution où des ordinateurs sont sur le point d’être dotés d’une âme humaine implantée au cœur de leur disque dur. Plusieurs laboratoires explorent cette piste. Les bienfaits que pourraient générer ces systèmes font rêver ceux qui, comme Will et Evelyn, espèrent un monde nouveau. Mais des groupuscules radicalisés, qui perçoivent la face cachée de ces futurs monstres, ont décidé d’éradiquer cette menace. Will Caster va être victime d’un attentat. Sa femme pour sauver ce qui peut encore l’être ou tout simplement le garder d’une certaine façon auprès d’elle va transplanter son cerveau dans l’ordinateur central. Mais est-ce bien le Will d’autrefois qui a survécu ?

MON AVIS

Très bien. Ce film a été injustement descendu par la presse. L’histoire est solide même s’il y a par moment un petit côté déjà vu mais c’est difficile d’être totalement innovant en SF aujourd’hui. Les images sont très belles mais l’humain l’emporte sur les effets spéciaux ce qui est très rafraîchissant de nos jours. L’histoire d’amour entre les deux héros fait vibrer. Les acteurs sont tous excellents. Johnny Depp allie comme à son habitude talent et charisme. Cet ordinateur grâce à lui est diablement séduisant. Rebecca Hall dans le rôle d’Evelyn est à la fois forte et fragile. Elle suscite l’empathie. Les seconds rôles sont solides : Paul Bettany, Morgan Freeman et Kate Mara.

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La belle de Xenos

statueJ’avais rendez-vous dans l’atelier de réparation du musée. C’est un lieu qui tient à la fois du magasin de bric-à-brac, du studio d’artiste et du laboratoire. Les volets sont à demi-fermés pour préserver les oeuvres des rayons du soleil. La poussière s’accumule sur des tableaux ou des sculptures posés à même le sol parfois dans des vitrines, en attente de réparation.Tous les pays et tous les siècles semblent s’être donnés rendez-vous dans ce capharnaüm. Une odeur de colle, de peinture à l’huile et de térébenthine flotte dans l’air.

Soudain, je la vis. Elle portait comme indiqué le numéro 1095. Elle était posée au milieu d’une grande table rectangulaire entre un vase étrusque dont il manquait un morceau et un effrayant dragon chinois à la queue cassée. Elle avait cette pureté de lignes et cette blancheur lisse et bleutée des plus beaux marbres de l’antiquité. En la regardant de plus près, on pouvait distinguer le grain de sa peau et l’arc parfait de ses lèvres. Les doigts de sa main étaient fins et délicats. Elle avait cette attitude nonchalante et gracieuse si bien chantée par les poètes. A sa grande époque, elle avait décoré un temple à Xenos. Puis, lors d’une période troublée, elle avait disparu avant de réapparaître miraculeusement il y avait dix ans de cela. Depuis, elle faisait la fierté de ce grand musée français.

A sa main droite était accrochée un carton blanc avec inscrit dessus à l’encre rouge :  “Main gauche bouge” et son numéro. Au dos de l’étiquette, quelqu’un avait maladroitement griffonné au crayon à papier comme par erreur une série de chiffres : 0,1, 1, 2,  3, 5, 8, 13, 21. Une suite de Fibonacci ! Le message de mon indicateur anonyme était clair. Je devais faire équipe avec un cryptographe pour poursuivre cette enquête. Car cette merveille était un faux. Remarquablement exécutée mais indéniablement un faux.

Atelier Bricabook – photo 129 – Romain Cazaux

 


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Impressions africaines

 

Village with typically thatched rondavels in the Mandara Mountains, Cameroon, Central Africa, AfricaC’était mon premier voyage en Afrique. Partis dans le cadre d’une mission humanitaire, nous avions atterri à Yaoundé, au Cameroun. Après de longues formalités, nous franchîmes enfin les portes de l’aéroport.

Une chaleur moite et étouffante m’enveloppa immédiatement. Trempée de sueur, je vis une végétation exubérante qui envahissait le moindre interstice. Mais pas de fraîcheur. Nulle part. L’obscurité me déconcerta. Par souci d’économie, l’extérieur de l’aéroport n’était pas éclairé. C’était une nuit claire,  mystérieuse et oppressante, traversée par des lucioles et des phalènes géantes. Puis, les odeurs arrivèrent jusqu’à moi : celle sèche et irritante de la poussière soulevée par des bouffées de vent brûlantes, ensuite les arômes alléchants du mais grillé et, enfin, une senteur inconnue sauvage et fauve.

Je découvris les gens. Ils étaient sombres avec des silhouettes souples et altières. Alors qu’il faisait nuit, leurs yeux étaient étonnamment lumineux. La partie blanche brillait dans l’obscurité comme ces statuts d’Egypte que l’on peut voir au Louvre. Comme nous étions les seuls Blancs à l’aéroport, ils nous dévisageaient en passant d’un regard fixe et énigmatique. Je les entendais chuchoter. Malgré la chaleur, je frissonnai. Je compris à cet instant ce que peut ressentir une personne de couleur dans nos grandes métropoles : le sentiment de déracinement, la peur de l’inconnu et l’angoisse d’être cerné par des visages d’une couleur de peau différente.


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Entre ciel et mer

atelier-ecritureJ’en avais rêvé. Ils étaient presque translucides, mais pas tout-à-fait aussi vaporeux que je l’avais imaginé. Ils devaient bien mesurer dix mètres de hauteur. C’était beaucoup, mais là encore ils n’étaient pas aussi grands que je croyais.

Leurs couleurs étaient changeantes. Certains cumulus étaient gris comme des pierres, d’autres bleus comme la mer. J’avais conscience de flotter aussi légère qu’une plume. Mes mains s’agitaient, puis, venaient se poser sur les mamelons d’un nuage. Mes doigts retombaient mollement jouant distraitement avec ses bribes effilochées.

Je n’entendais presque plus rien. Des voix et des sons me parvenaient de très loin. Peut-être même des rires. Je ne pouvais le dire.

Libérée de l’apesanteur, je me mouvais sans effort dans cet océan lumineux que traversait parfois un groupe d’oiseaux. Je me penchais pour chercher la surface de la terre mais l’univers avait perdu sa matière.

J’étais devenu un élément de ce monde nouveau.

Atelier Bricabook – photo 128 – Diane

 


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« The Rover » : RPattz brille dans cet univers étrange visuellement fascinant mais au scénario un peu limité

imagesDix ans après l’effondrement de notre monde occidental, la loi de la jungle règne. Maisons déglinguées, magasins transformés en bazars à moitié vide, trafics en tout genre, population surarmée, violence à chaque carrefour, pauvreté, routes à l’abandon… tel est le paysage désolé qu’offre l’outback australien. Ce vaste désert est devenu un repère de bandits en cavale. C’est là qu’un homme solitaire et dépouillé de tous sentiments humains va se faire voler sa voiture, un bien auquel il est très attaché. Pour la retrouver, il va se servir du frère d’un des voleurs, Rey, un gars un peu simplet, laissé pour mort par sa famille lors d’une fusillade. Ce duo improbable va sillonner l’outback à la recherche de cette fameuse voiture.

MON AVIS

Ce film a incontestablement quelque chose. Les images du désert sont somptueuses et le décor de ce nouveau monde très glauque est particulièrement réussi. Cet univers étrange est visuellement fascinant et la musique qui l’accompagne envoûtante par moment. Cela m’a rappelé des scènes du film de Ridley Scott, Blade Runner. La mise en scène de David Michôd est parfaitement maîtrisée. Les acteurs sont excellents. Guy Pearce avec un jeu tout en retenu offre un portrait saisissant et nuancé de cet homme presque arrivé au bout de lui-même. Robert Pattinson est la grande surprise du film dans le rôle du frère mentalement attardé. Dépouillé de toute attraction sexuelle, mal habillé avec une coupe au bol et des dents cariées, il est à la fois très crédible et très touchant. Il insuffle par sa présence gauche et maladroite de l’énergie au film. Car c’est un peu le point faible de « the Rover », le scénario en dehors du décor est limité, les rebondissements un peu convenus et pas toujours crédibles. Certaines scènes sont proches d’un film de Sergio Leone mais sans ce crescendo final marqué par un déchaînement d’action et de violence.

***+/*****