Cléo Ballatore


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Les chaussons

atelier-ecritureLes vacances étaient bien finies. Dans cette salle de danse aux murs gris et austères, mes pieds rêvaient de se prélasser dans une paire de tongs couleur fuchsia. Au repos, loin de ce monde de douleur. En une seconde, me revint la douce chaleur du sable sous mes pieds et le crissement de mes pas sur la plage. Ma main était glissée dans celle un peu rêche de ce garçon rencontré quelques heures auparavant. Nos amours éternelles n’avaient duré qu’un été.

Maintenant, je frissonnais. Mes mollets enroulés dans des jambières de laine se contractaient douloureusement au son de la voix sèche de Véra, notre professeur, et des coups sourds de sa canne sur le plancher. Mes orteils demandaient déjà grâce.

Je regardais autour de moi. Un sourire angélique flottait sur le visage de Charlotte, ma principale adversaire dans ce monde feutré. Instinctivement, je redressai mon buste et pris la pause. Une énergie inattendue se répandit dans mon corps.

Pas question que le rôle de la Belle au bois dormant m’échappe !

http://www.bricabook.fr/2014/08/une-photo-quelques-mots-131e-atelier-decriture/
Photo Romaric Cazaux

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« Party girl» : Un film réussi, très émouvant

Party-girl-afficheAngélique a atteint un âge délicat, la soixantaine, pour une entraîneuse de boite de nuit. Dans son cabaret, elle passe désormais ses soirées à boire seule, faute de clients pour de lui offrir une bouteille de champagne. Dans son cœur, elle reste une jeune femme gaie, toujours partante pour aller danser ou faire la fête, généreuse et ouverte à l’aventure. Les peurs du lendemain et les compromissions de la vie quotidienne ne font pas partie de son mode de fonctionnement. Des blessures jalonnent pourtant la vie de cette femme attachante, mère de quatre enfants. Des rancœurs et des non-dits pèsent aussi sur les réunions familiales où l’on sent bien qu’Angélique comme maman n’a pas toujours été à la hauteur. Un jour, un de ses vieux clients, lui déclare sa flamme. Angélique a l’occasion inespérée de se ranger et de finir tranquillement sa vie.

MON AVIS

Les trois jeunes réalisateurs, Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Thei, nous offrent un portrait vrai et sensible de cette femme étonnante à la croisée des chemins. Avec eux, nous découvrons le milieu des cabarets de striptease situés en Allemagne près de la frontière française. Rien de sordide dans cette vie ni de glamour non plus d’ailleurs mais simplement des femmes de caractères, hautes en couleur jamais vulgaires. Angélique Litzenburger est criante de vérité. Elle dresse le portrait d’une femme libre et honnête qui aime avant tout la vie. Sa jeunesse d’esprit éclate face à des interlocuteurs plus jeunes en âge mais bien plus conservateurs qu’elle. Le seul petit bémol est la longueur du film. Le dernier quart d’heure est peut-être de trop.

***+/*****

 


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« Les sirènes du Delta » publié chez Absinthe

Bonjour à tous,

Ce retour de vacances m’a réservé une très agréable surprise. Ma nouvelle « Les sirènes du Delta » a été retenue pour le numéro 6 d’Enchantement, un des trois webzines d‘Absinthe, spécialisé dans la littérature de l’imaginaire. Le thème de l’appel de textes était la métamorphose.

Le début de la nouvelle :

“Dans ses rêves, Constance était sur un bateau qui quittait l’enceinte du port pour s’élancer vers les eaux profondes de l’océan. Légère comme l’écume des vagues, elle se fondait dans le bleu lumineux et, pendant quelques secondes, elle devenait un élément de ce monde libre et pur. Puis, une femme surgissait de nulle part. Elle avait la grâce d’une sirène avec ses longs cheveux dorés frémissants au vent et ses yeux pairs remplis de mystère. Elle pointait son index sur Constance et éclatait d’un rire moqueur et cruel. Alors, Constance se réveillait en sursaut, en sueur. Aucune échappatoire n’était possible. “      

Voici le lien :

http://fr.calameo.com/read/002129395080cab58fa10

Bonne lecture !