Cléo Ballatore

Quand un smartphone se transforme en objet de douleur

27 Commentaires

kot-photographieC’est une froide soirée de décembre. Des bouffées de vent transpercent mes vêtements. Mes mains sont glacées. Adossée à la porte d’un immeuble, j’attends mon homme depuis 45 minutes. Ciné, pizza et plus si affinité étaient au programme. Je le bombarde de texto :
« T’es où ?, Je t’attends, Le film va commencer… »
Pas de réponse.

Enfin, mon smartphone bipe. Un texto s’affiche : « Désolé ». Ce malheureux mot est suivi d’un lien sur youtube. Je clique. Un air familier déchire la nuit :
« Je suis venue te dire que je m’en vais et tes larmes n’y pourront rien changer… ».

Les mots claquent comme des coups de fouet. Je dois arrêter cette musique infernale. Mais mes doigts gourds appuient sur replay. Des milliers d’aiguilles se plantent dans mon crâne. Je me bouche les oreilles mais la chanson tourne maintenant en boucle dans ma tête. Une douleur aiguë se diffuse sur chacun de mes nerfs. Elle va crescendo. Je ne peux plus m’en débarrasser.

Enfin, le silence revient. Je suis plantée là, près de cet immeuble gris. Peut-être un long moment. Je ne sais pas. Puis, le paysage urbain se dilue. Une grosse larme coule sur ma joue.

Atelier Bricabook ; photo Kot

Publicités

Auteur : cleoballatore

Ecrivain

27 réflexions sur “Quand un smartphone se transforme en objet de douleur

  1. Pas d’inspiration ma foi … Tu as tout de même su créer un petit univers autour de cette photo 🙂 … Moi en revanche je suis face à la page blanche depuis ce matin …

    • La photo manque un peu de mystère au premier regard. Après, il faut imaginer un petit drame ou une bonne nouvelle ou les paroles d’un chanson sympa…

      • C’est ça, j’ai eu du mal à trouver assez de « relief », l’image ne présente qu’un seul sujet sur lequel se focaliser donc j’ai eu l’impression de manquer de « matière » pour travailler, mais comme tu dis il faut lancer son imagination un peu plus loin pour y accrocher une bonne histoire !

      • Je viens de commenter ton texte. L’inspiration était finalement au rendez-vous. J’ai beaucoup aimé.

  2. Ce moment terrible où tout s’achève alors que l’on avait rien vu venir…. Le pire du pire ! Merci d’en avoir fait un texte !

  3. Ah la rupture ! Ah la chanson qu’on y associera à vie…

  4. Nos textes débutent de la même façon, c’est amusant.
    Bon, moi j’ai été plus guimauve-fleur-bleue-bisounours…
    Mais ton texte est très percutant, c’est réussi.

  5. Jolie évocation de la douleur, instantanée et aiguë, qui la saisit.

    Et quel courageux jeune homme ! Mais comme on dit, un de perdu… En revanche, la chanson de Gainsbourg est définitivement ruinée pour ta narratrice 🙂

  6. C’est la rupture par les réseaux sociaux et « youtube ». C’est vrai que c’est plus facile que le face à face.

  7. Ah oui, après être l’objet d’addiction, aussi objet de douleur. Jetons nos téléphones ! 😀

  8. Une rupture de cette façon, quelle lâcheté quand même !
    Ton texte est bouleversant.

  9. Une nouvelle manière de rompre mais en plus en y associant cette chanson, quel s….. !

  10. On a eu la même idée, traitée différemment !
    Ils sont tous lâches :)))

  11. Là je suis 100% d’accord. Nous les femmes on est plus courageuse du moins dans ce domaine.

  12. Pingback: Atelier d'écriture : lumière artificielle | Bric à Book

  13. Une rupture technologique et hypocrite !
    Idée originale

  14. Parfois, une chanson vaut mieux qu’un long discours.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s