Cléo Ballatore


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« Big eyes» : du charme

Dans le couple Keane, il y a Margaret, une jeune artiste timide et introvertie, qui joint difficilement les deux bouts avec sa fille, et Walter Keane, un peintre du dimanche, vendeur dans l’immobilier. Ces deux caractères vont s’attirer : il admire en elle l’artiste, elle, sa débrouillardise et son culot. Walter essaie de placer leurs peintures, sans succès. Mais ce commercial hors pair va réussir à attirer l’attention sur lui et les tableaux de Margaret. Cette dernière représente des enfants esseulés dont les grands yeux touchent par la solitude et la mélancolie qu’ils dégagent. On est au cœur du mouvement Pop Art, et, comme souvent dans ces périodes charnières, la frontière est tenue entre les œuvres qui laisseront leur marque dans l’histoire de l’art et le kitch (certains pourront faire un parallèle avec le travail de Jeff Koon). Son mari, qui sait remarquablement capturer l’air du temps, va réussir, en s’appropriant l’œuvre de sa femme, à devenir un des artistes influant de sa génération, jusqu’au jour où Margaret va emprunter le chemin qui conduit à l’émancipation.

MON AVIS

Ce film a du charme avec son décor acidulé des années cinquante. On suit le bouleversement du monde l’art qui voit émerger grâce à la reprographie des œuvres boudées par la critique, mais plébicitées par le grand public et on assiste, à travers Margaret, au lent mouvement d’émancipation de la femme. Amy Adams est très touchante dans le rôle de cette jeune femme qui manque cruellement de confiance en elle et qui se fait dépouiller de son œuvre. Christoph Waltz en fait des tonnes pour incarner ce mari charmeur et manipulateur. Tim Burton a quitté le terrain du fantastique pour le monde réel. Sa mise en scène est subtile. Rien n’est simple dans ce couple, car si Walter s’est bien approprié le travail de sa femme, sans son formidable bagou, Margaret serait restée certainement inconnue du grand public.

♥♥♥ / ♥♥♥♥♥


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« Divergente 2 : l’insurrection » : Bien

Nous retrouvons Tris Prior. Dans « divergente », nous avons découvert un Chicago post-apocalyptique, protégé par une immense barrière, où la société est organisée en cinq factions, Audacieux, Erudits, Sincères, Altruistes et Fraternels. Chacune d’elles remplit une tâche précise dans la cité : justice, maintien de l’ordre, don de soi… tout individu est strictement contrôlé. Reste le rebut de la société, les sans-factions, des individus qui ont été écartés par leurs propres factions. Les divergents, comme Tris, sont des individus inclassables, jugés dangereux par le pouvoir en place, car impossible à contrôler. Après avoir rejoint les Audacieux et son beau chef d’équipe, Quatre, Tris a réussi à déjouer l’attaque des Erudits qui, alliés avec une partie des Audacieux, a éradiqué sa faction d’origine, les Altruistes. Recherchés par les autorités et en particulier Jeanine, le leader des Erudits, les deux jeunes gens vont tenter de survivre dans ce monde à feu et à sang où l’équilibre a été définitivement rompu et de comprendre pourquoi les divergents constituent une telle menace. Tris devra aussi apprendre à faire le deuil de ceux qu’elle a aimés.

MON AVIS

On retrouve avec plaisir les acteurs de cette dystopie. Le décor est à nouveau très réussi avec un paysage de désolation où les tours de Chicago sont à moitié carbonisées, et les quartiers très typés des différentes factions. Le rythme du film est bon, sans temps mort. Les défauts du premier volet ont été gommés et l’intrigue renforcée. Les tests de simulations restent flippants. Des stars sont venues épauler les jeunes acteurs. On citera Noami Watts et Octavia Spencer. Shailene Woodley étoffe son personnage, en étant à la fois physique et vulnérable, parfois dépassée par les enjeux. Theo James, le compagnon d’aventure de Tris, a toujours beaucoup de charisme. Kate Winslet, à la tête des Erudits, est fascinante. On regrettera une histoire moins profonde que celle d’Hunger Games et des personnages moins fouillés.

♥♥♥+ / ♥♥♥♥♥


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«American Sniper» : un bon film

Ce film suit la vie d’un héros de l’Amérique d’aujourd’hui. Celle du sniper le plus célèbre de la guerre en Irak, Chris Kyle. À travers la courte vie de ce Texan, profondément imprégné des valeurs américaines : le patriotisme, la foi et la famille, nous découvrons le quotidien des soldats envoyés au front.

MON AVIS

L’intérêt de ce film réside dans sa vision nuancée de l’engagement en Irak. Clint Eastwood se garde bien de porter un jugement moral sur cette page d’histoire. Il traite avec beaucoup de respect le portrait de cet homme du peuple, pétri des valeurs traditionnelles, certes limité dans son raisonnement, mais qui a démontré un sens profond de l’engagement. Le film parle aussi des traumatismes que ramènent ces soldats une fois rentrés au bercail, et leurs souffrances face à des concitoyens et des autorités indifférents à leur sort. Sur le terrain, les actions des troupes d’élite semblent confuses, les objectifs flous, les armes déployées disproportionnées par leur taille face à des civils apeurés, pris en otages entre les troupes américaines et les rebelles sanguinaires.

La mise en scène est classique, sans temps mort avec de grandes scènes de guerre. Bradley Cooper est excellent dans ce rôle presque à contre-emploi. Le beau gosse d’Hollywood a réussi se fondre dans le destin de ce Texan brut de décoffrage.

♥♥♥+ / ♥♥♥♥♥