Cléo Ballatore


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Impressions africaines

 

Village with typically thatched rondavels in the Mandara Mountains, Cameroon, Central Africa, AfricaC’était mon premier voyage en Afrique. Partis dans le cadre d’une mission humanitaire, nous avions atterri à Yaoundé, au Cameroun. Après de longues formalités, nous franchîmes enfin les portes de l’aéroport.

Une chaleur moite et étouffante m’enveloppa immédiatement. Trempée de sueur, je vis une végétation exubérante qui envahissait le moindre interstice. Mais pas de fraîcheur. Nulle part. L’obscurité me déconcerta. Par souci d’économie, l’extérieur de l’aéroport n’était pas éclairé. C’était une nuit claire,  mystérieuse et oppressante, traversée par des lucioles et des phalènes géantes. Puis, les odeurs arrivèrent jusqu’à moi : celle sèche et irritante de la poussière soulevée par des bouffées de vent brûlantes, ensuite les arômes alléchants du mais grillé et, enfin, une senteur inconnue sauvage et fauve.

Je découvris les gens. Ils étaient sombres avec des silhouettes souples et altières. Alors qu’il faisait nuit, leurs yeux étaient étonnamment lumineux. La partie blanche brillait dans l’obscurité comme ces statuts d’Egypte que l’on peut voir au Louvre. Comme nous étions les seuls Blancs à l’aéroport, ils nous dévisageaient en passant d’un regard fixe et énigmatique. Je les entendais chuchoter. Malgré la chaleur, je frissonnai. Je compris à cet instant ce que peut ressentir une personne de couleur dans nos grandes métropoles : le sentiment de déracinement, la peur de l’inconnu et l’angoisse d’être cerné par des visages d’une couleur de peau différente.

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