Cléo Ballatore


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Poème de métro

rerLe quai est vide et gris comme un lundi matin.

Dans la rame, mon corps immobile ballotté, mon esprit engourdi.

Accélération et bruits stridents.

*

Mirabeau, station révolutionnaire.

Mais les passagers ont renoncé à la gloire et au rêve.

Ils errent dans les tunnels comme des taupes, loin de la lumière.

*

Affiches sur les murs.

MIAM, une sauce un rouge qui coupe l’appétit.

Des lettres froides scintillent. Le A sort de RELAX, droit comme un soldat au garde-à-vous.

Une carte. Mes yeux courent et s’égarent sur les lignes et les sentiers.

*

Des passagers pensifs, aux regards brumeux.

Tous les tunnels se ressemblent, le brouillard me donne des frissons.

*

Pierre Bonnard fait entrer le soleil dans le wagon,

Des murs baignés d’une large lumière jaune.

Du violet dans les gris et du vermillon dans le tendre vert des jardins.

*

Encore des tunnels. Que peut-on écrire au sujet des tunnels ?

*

La vie bouscule la torpeur ambiante.

Des cris, des éclats de rire, de la jeunesse, de l’agitation pénètrent dans la rame.

Il y a même quelqu’un qui sifflote.

*

Les gens se lèvent. Terminus. Le quai est vide.

Assise sur ma chaise en plastique orange, je pense à toi Charles B.

Rien dans les poèmes de métro ne peut enivrer mes sens,

L’air ambiant sue la tristesse, la traversée des tunnels est monotone et la grisaille dévore tout.

Atelier Bricabook Photo Kot